Alice, il y a quelques années, vous étiez déjà à Cannes, pour disputer un tournoi caritatif face à Adrien Brody, Salma Hayek, Dennis Hopper, Woody Harrelson, Tim Robbins, Goldie Hawn et Edward Norton...
Oui, c'était il y a trois ans, en marge du Festival. Le groupe Partouche avait organisé ce Charity Poker Festival, un petit Eurovision du poker avec des célébrités. On s'était bien amusé.
D'où vient cette passion pour le poker ?
C'est une tradition familiale. Chez nous, c'est comme un bon repas. C'est une occasion de se retrouver en famille ou entre amis, pour partager un après-midi ou une soirée autour d'une table. C'est un grand plaisir. J'ai toujours joué aux cartes. Lors de la médiatisation du poker, j'ai donc découvert le Texas Hold'em. Etant dans un milieu médiatisé qui apprécie ce jeu à la mode, j'ai pu y jouer assez souvent. Aujourd'hui, j'ai l'occasion de disputer des tournois prestigieux, à Cannes ou à Las Vegas. Etre entouré de vrais professionnels, c'est enrichissant. Il y a 4 ans, j'avais joué mon premier gros tournoi à Deauville. J'avais été surprise par le niveau des mes adversaires. Leur expérience m'ont tiré vers le haut.
Avez-vous le sentiment de progresser lors de ces tournois ?
Effectivement, ces tournois me font progresser. Je n'ai pas la pression d'un joueur professionnel, qui a besoin de faire des résultats, de jouer souvent. J'ai la chance de jouer de manière occasionnelle. Je joue 4 ou 5 tournois par an mais j'attends toujours avec impatience le suivant. A la table, j'aime prendre mon temps pour observer mes adversaires, analyser mon jeu, reconnaître mes erreurs et détecter celles des autres. Je progresse à mon petit niveau. J'apprends constamment.
"Du pur plaisir"
Etes-vous impressionnée par certains joueurs ?
Non, je ne suis pas intimidée. Il y a des joueurs plus impressionnants que d'autres. Face à eux, je fais profil bas, je les évite.
Y a-t-il une part d'addiction ?
C'est vraiment du pur plaisir. Je me souviens qu'à 18 ans, je suis allé faire un tour au casino d'Enghien (elle a grandi dans le Val d'Oise). Ce n'était pas de la frénésie, mais, à une période post-adolescente, avec peu d'argent, il y avait un côté transgressif. Une petite addiction s'était créée. Maintenant, j'ai l'occasion d'y jouer de temps en temps, donc c'est vraiment par plaisir d'apprendre et de progresser.
Avez-vous le goût de la compétition ?
Oui, il le faut. Je joue souvent entre amis, chez moi, et c'est beaucoup moins compétitif. En tournoi, c'est autre chose.
Quelles sensations vous procure le poker ?
Quand je prends des risques, à tapis par exemple, avec un jeu plus ou moins fort, il y a une montée d'adrénaline. On a le cœur qui bât, on a des suées et on essaie justement de les cacher. C'est un jeu.
Justement, vos talents d'actrice vous aident-ils à une table ?
Je ne sais pas. Déjà, au départ, mes adversaires me regardaient comme si j'étais présente par piston. Ils pensaient que je ne savais pas jouer. C'était un avantage au début. Maintenant, à la table, même quand je joue 10 heures de suite, j'essaie de rester concentrée, de parler très peu. Enfin, l'acting à une table, cela représente peut-être 20% du jeu. C'est surtout de la technique. Je ne suis pas une excellente bluffeuse. Je ne vais pas dire que je ne suis pas une excellente actrice (rires) ! Je suis une ambitieuse prudente à la table.
"J'ai un métier, le poker ne doit pas interférer"
Certains joueurs professionnels, comme Roger Hairabedian, pensent que les femmes ne sont pas faites pour les grands tournois, au niveau mental notamment...
Il a certainement ses arguments, de part sa très grande expérience. Il a une raison de dire ça par rapport à ses confrontations avec des femmes. C'est super cliché. Homme comme femme, on a tous des ressources.
Comment s'est créé ce partenariat avec Winamax ?
D'une manière très simple. Je connaissais le site, l'équipe des joueurs professionnels. Il y a 6 mois, j'ai tourné avec Patrick Bruel et on a parlé de poker, de son site. J'ai rencontré les autres dirigeants et j'ai eu cette possibilité de jouer quelques tournois. J'ai un métier, le poker ne doit pas interférer. Je ne m'estime pas comme une joueuse de poker. Il fallait trouver une entente et, de mon côté, c'est le plaisir de jouer. Je suis fière de représenter Winamax. Ça ne va pas plus loin.
En tant que joueuse de poker, avez-vous des projets de films autour du poker ?
Dans Cash, je fais une partie de poker, mais ça n'a aucun rapport avec ma passion pour le poker. Tous les acteurs ont une passion. Avant le cinéma, j'ai fait beaucoup de piano. On se sert de nos expériences passées, mais, le cinéma, c'est de la fiction, on fait des choses que l'on ne fait pas dans notre vie, avec des personnages inventés de toute pièce. Je préfère d'ailleurs que ça ne ressemble pas à ma vie.
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